Exposition
22.11.2025 - 11.01.2026

Anges à l’infini

Apparitions et myriades de Noël

© Collection Paroisse de Bulle – La Tour-de-Trême
© Collection privée
© Collection Musée d'art et d'histoire de Fribourg (MAHF)

Omniprésents durant la période de Noël, les anges proclament et célèbrent la naissance de Jésus. Animant des scènes bibliques empreintes de merveilleux, anges et archanges puisent leur forme dans l’Antiquité. Putti potelés ou créatures vêtues d’aubes blanches, ces êtres ailés peuplent aussi bien les représentations sacrées que profanes.

Dans l’écrin exceptionnel du Château de Gruyères, Anges à l’infini convie le public à rencontrer une partie du cortège céleste. Les anges de Noël et leurs attributs – instruments de musique, fleurs de lys, couronnes, sceptres ou phylactères – investissent œuvres d’art et objets liturgiques anciens. Ils s’y révèlent sous toutes leurs facettes, de l’angelot gracieux au messager solennel. L’exposition s’enrichit du regard des artistes Diane Deschenaux, Anja Jenny et Maria Eugenia Poblete, qui explorent la figure de l’ange… jusqu’à son double démoniaque.

Commissaire de l'exposition :
Élise Meyer

Avec l’aimable collaboration de : Margrit et Alfred Dünnenberger, Musée d’art et d’histoire de Fribourg, Musée d’art et d’histoire de Genève, Musée Bible+Orient, Musée gruérien, Musée singinois, Service archéologique de l’État de Friboug, Stiftung für Kunst, Kultur und Geschichte

Vernissage

Vendredi 21 novembre, 18h-20h
Avec la participation du chœur d’enfants de Gruyères les « Grillons »
Partie officielle en extérieur

Des anges par milliers

Si l’ange et ses ailes sont aujourd’hui indissociables, il n’en a pas toujours été ainsi. Puisant sa forme dans l’iconographie antique, l’ange ailé s’impose progressivement dans l’art chrétien à partir de la fin du IVe siècle. L’effigie de plusieurs divinités gréco-romaines et égyptiennes a significativement influencé la manière de représenter ces messagers célestes. Le public les découvre dans les vitrines de la première salle d'exposition avant de faire la connaissance des anges de Noël.

Le récit de la naissance du Christ débute bien avant le soir de Noël. Elle commence par deux annonciations angéliques : la première à Marie, la seconde à son époux Joseph. Au cœur de l’exposition, ces scènes surnaturelles s’offrent au regard des visiteurs et visiteuses à travers une série de tableaux des XVIe et XVIIe siècles, complétée de gravures du XVIIIe siècle. Drapés d’élégantes étoffes et dotés d’ailes somptueusement ciselées, les anges de l’Annonciation s’y déploient avec magnificence, accentuant le caractère solennel de leur apparition. Les textes bibliques ne mentionnent pas de présence d’anges au moment de la naissance de Jésus. Cependant, ils sont intégrés dans les représentations de la Nativité à partir du Moyen Âge. Apparaissant d’abord en petit comité, ils essaiment au fil des siècles, foisonnant à l’extrême à l’époque baroque alors que les artistes les répandent en cohortes sur leurs décors.

À partir du XIXe siècle, les anges de Noël se déclinent à l’infini dans les œuvres et les décors de Noël. Investissant le sapin du pied à la pointe, ils se retrouvent dans les crèches, sur les figurines accrochées aux branches, remplaçant parfois la traditionnelle étoile au sommet de l’arbre. Souvent représenté sous des traits empreints de douceur, l’ange incarne une présence rassurante. À l’approche de Noël, il accompagne symboliquement les enfants jusqu’à la fête. Présent sur de nombreux calendriers de l’Avent, il remplace parfois les lutins du Père Noël et participe aux réjouissances des plus jeunes.

Sous le regard des artistes d'aujourd'hui

Anges à l’infini s’enrichit du regard contemporain de trois artistes actives dans le canton de Fribourg. Au travers d’œuvres inédites, spécialement conçues pour l’exposition, chacune explore la figure angélique jusqu’à son double démoniaque. Tout en douceur, la série photographique de Diane Deschenaux invite à contempler l’immensité céleste à la recherche des anges que l’on imagine volontiers blottis dans de cotonneuses nuées. À l’inverse, Anja Jenny bouscule les codes de l’iconographie sacrée en créant une figure hybride et irrévérencieuse, où le divin se dissout dans le kitsch assumé des célébrations hivernales. Maria Eugenia Poblete puise dans la spiritualité des Andes, dont elle est originaire, et donne à voir Supay (aussi appelé el Tío, l’Oncle), une puissance cachée qui soutient la vie depuis le monde souterrain où elle réside. En Bolivie, au Pérou et au nord du Chili, cette force invisible est vénérée lors de la Diablada. Dans de cette danse traditionnelle du Carnaval, deux groupes d’entités spirituelles se font face : des diables et des anges.

Vues de l'exposition

© Château de Gruyères
© Château de Gruyères
© Château de Gruyères

Avec le soutien de