Brrr… comment se réchauffer dans un château?
Une cheminée pour se chauffer, mais pas seulement
Si vous avez visité le Château de Gruyères en hiver, il vous a sans doute été conseillé de garder votre manteau en raison des températures fraîches qui y règnent. Mais comment les habitants des châteaux se chauffaient-ils autrefois?
L’usage de la cheminée se développe entre le XIIᵉ et le XIVᵉ siècle et répond à deux besoins essentiels: se chauffer, éclairer et cuisiner. Sa présence dans la majorité des pièces à vivre des châteaux ne relève pas uniquement de considérations pratiques. Les dimensions imposantes et l’ornementation soignée de certaines cheminées témoignent également du statut social de leurs propriétaires.
La cheminée présente cependant des limites. Elle diffuse une chaleur inégale: agréable à proximité du foyer, elle se dissipe rapidement dès qu’on s’en éloigne. L’autre inconvénient majeur réside dans les risques d’incendie. Pour limiter ses derniers, les feux sont généralement éteints durant la nuit, plongeant les espaces intérieurs dans le froid. Divers aménagements permettent toutefois d’y remédier.
Dais, bassinoires et bouillottes
Dans la Salle des Comtes, la petite taille du lit intrigue souvent les visiteurs·euses. Loin des idées reçues sur la stature ou les habitudes de sommeil au Moyen Âge, une explication pragmatique émerge: un lit de dimensions réduites est plus facile à garder chaud. L’usage de bassinoires contenant des braises incandescentes, de bouillottes en céramique ainsi que de dais munis de rideaux que l’on pouvait tirer, contribuait en outre à tempérer et conserver une chaleur précieuse durant les nuits d’hiver.
[article publié le 20 février 2026]