Luc Mattenberger
Glitching Doping Breathing
Depuis ses débuts artistiques, Luc Mattenberger nourrit une fascination pour l’ingénierie et les sciences. Au Château de Gruyères, il poursuit cette exploration et dévoile ses recherches sur les relations qui se tissent entre le corps, l’esprit et la machine. Les salles de l’ancienne forteresse se transforment en espaces de jeu où de surprenants dispositifs révèlent l’impact des technologies sur nos perceptions, nos émotions et nos processus cognitifs.
S’appuyant sur des recherches en neurosciences, l’artiste genevois crée des œuvres et des installations qui examinent comment l’attention, la mémoire ou la prise de décision sont modulées par des environnements techniques. À une époque où les machines analysent nos comportements avec une précision inédite, il propose une réflexion sur notre stabilité psychique, l’impermanence de nos états intérieurs et les variations de notre conscience.
Commissaire de l'exposition : Filipe Dos Santos,
assisté de Damien Spozio, collaborateur scientifique
Vernissage
Vendredi 6 mars, 18h30
Avec beaucoup d'intelligence, de finesse et d'humour, Luc Mattenberger amène le futur dans ce lieu chargé d'histoire – et de contrainte
Luc Mattenberger
Au bénéfice d’un diplôme puis d’un postgrade en arts visuels à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD), Luc Mattenberger (1980*) s’intéresse à l’omniprésence de la technologie dans la société. Au travers de la sculpture et de l’installation, l’artiste genevois explore les multiples interactions entre l’humain et la machine. Depuis 2014, la notion d’«homme augmenté» et l’utilisation – bénéfique ou pernicieuse – de la méditation dite «de pleine conscience» constituent deux de ses champs de recherches artistiques. Au cours de sa carrière, il a été récompensé par différents prix, notamment par le Prix d’art de la Nationale Suisse, le prix de la Ville de Genève, le Prix de la Fondation UBS ainsi que le Prix fédéral d’art (Swiss Art Award). Il a obtenu des résidences à Londres, à Marfa, à Berlin, à l’Institut suisse de Rome, à Paris, ainsi qu’à Prague.
Illusions et perturbations
L’exposition Glitching Doping Breathing se déploie tout au long des salles historiques dans lesquelles chaque œuvre fait irruption et se présente comme un module expérimental. Dans l’espace du château, lumière, son, réseaux ou dysfonctionnements surprenants et ludiques composent les lignes de force d’un parcours qui interroge nos mécanismes perceptifs, nos biais cognitifs et notre relation aux dispositifs techniques.
En croisant art contemporain, sciences cognitives et critique des discours de performance, Luc Mattenberger révèle avec Glitching Doping Breathing que toute perception est construite, médiatisée, interprétée. À l’image des premières illusions fondées sur la persistance rétinienne, les œuvres rappellent que notre rapport au monde repose sur une part d’hallucination partagée. Le visiteur est alors invité non à consommer une expérience, mais à éprouver ses propres seuils – à observer comment machines, architectures et récits façonnent, conditionnent et parfois déstabilisent son expérience du réel.